Wolfi met le paquet

Salif Keita for CD

Wolfi met le paquet

À chaque soir sa tête d’affiche ! Le festival Wolfi Jazz convoque de beaux noms pour sa neuvième édition : Marcus Miller, Salif Keita, Ibrahim Maalouf, Lisa Simone ou le grand Delvon Lamarr Organ trio. # Florent Servia

Grande nouvelle, en 2019 Wolfi Jazz se débarrasse de son chapiteau mais se tient toujours au Fort Kléber (sur deux scènes, dont une fratuite) de Wolfisheim qui ne manque pas de cachet et d’originalité. Alliés à une programmation qui se veut grand public, les lieux ont aidé à faire de Wolfi Jazz un rendez-vous devenu unique. Avec l’historique festival Jazzdor de Strasbourg, il est devenu l’autre temps fort jazz de l’Eurometropole. Dicté par des choix de coeur et un souci d’équité, on a souvent accordé aux découvertes le bénéfice de la focalisation médiatique. Et cette année encore, Il faudra se précipiter devant le groove soul, jazz et rhythm & blues du Delvon Lamarr Organ trio. Il n’empêche. Recevoir les géants Marcus Miller et Salif Keita devrait suffire à la réussite d’une seule édition. Outre les prouesses à l’instrument qui ont fait de lui un objet de culte chez les bassistes, Marcus Miller poursuit une carrière de musicien devenue légendaire. Après avoir travaillé avec David Sanborn au mitan des années 70, c’est aux côtés de Luther Vandross puis de Miles Davis (!) que Marcus Miller s’est forgé une réputation et un C.V. Salif Keita, lui, incarne avec Manu Dibango l’un des plus grands succès des musiques africaines en France. Depuis les années 1970, le chanteur et musicien malien n’a cessé de voir sa popularité croître, liant ainsi son succès personnel à celui de la musique mandingue dans le monde entier.

Moins historiques mais peut-être davantage sources de sold out aujourd’hui, Snarky Puppy et Ibrahim Maalouf devraient être les événements majeurs du festival cette année. Il n’y a peut-être qu’eux, en France, chez les artistes catégorisés “jazz”, à être capables de remplir des Zéniths. Snarky Puppy comme Ibrahim Maalouf ne définissent pas forcément leur musique comme exclusivement jazz, ils l’explorent en poussant les frontières vers les héritages de musiques traditionnelles du monde entier. Ibrahim Maalouf en allant puiser dans ses racines libanaises à de multiples reprises, Snarky Puppy avec un dernier album – Immigrance – qui reflète l’intérêt de leur leader, le bassiste Michael League, pour les rythmes du monde entier, qu’il a étudié au Maroc, en Andalousie ou en Turquie… Soutenu par un Michael League immigré en Espagne, loin de Trump, Immigrance envoie un message politique et social évident : « l’identité est un concept très fluide. Rien n’existe dans une bulle. Le blues, par exemple, est une musique américaine, mais si vous écoutez de la musique malienne, vous comprenez qu’il existe une relation claire entre elles. »


26-30/06

Au Fort Kléber (Wolfisheim)

wolfijazz.com

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