Vox Populi

© Lorent Kostar

Vox Populi

Nous croisions bien souvent la grâce féodale de Luc Arbogast qui a longtemps chanté au pied de Notre-Dame de Strasbourg, avant de devenir une star cathodique. Entretien avec une grande voix qui se veut universelle. Et une grande gueule éternelle. # Emmanuel Dosda

Pour évoluer dans le monde impitoyable de l’industrie musicale, faut-il maîtriser les codes de l’Art de la guerre ? Comment frayer avec TF1, M6, Paris Match et Nikos Aliagas sans vendre son âme à Belzébuth ? Luc Arbogast, bracelets de force aux poignets, assure : « Je n’ai jamais cherché à m’imposer dans un quelconque milieu. Lorsqu’en 2013, j’ai participé à l’émission The Voice, c’était afin de mettre en lumière 20 ans de carrière. Je ne suis pas né avec la télé ! Je me suis ensuite laissé porter par la barque. Plus je m’adaptais et faisais des concessions, moins le public me suivait. On a voulu me classer au rayon “musique chrétienne”, mais c’est comme coller un sticker Vache qui rit sur une armoire normande : ça n’a aucun sens ! » Ne surtout pas réduire Luc Arbogast à Games of Thrones et O Fortuna : ce gaillard au bouzouki ne fait pas de musique “moyenâgeuse”, mais « universelle et non étiquetable », convoquant des sons venant de loin dans le temps et l’espace, andalous du XVe autant que germaniques du XVIe.

© Lorent Kostar

 

Sa langue ? Il fait appel à « une sémantique plurielle » : mots d’origines arabe, hébraïque, française ou issus de son imaginaire aussi profond que la forêt domaniale où il vit, en communion avec la nature, « source intarissable » pour le contre-ténor au look de viking mais au cœur grenadine. Rouge vif lorsqu’il s’agit de brocarder le capitalisme, « qui s’oppose à l’idée même de l’artistique ». Quand Luc veut se ressourcer, loin des grandes ondes et des plateaux, il se rend au Donon ou au Mont Saint-Odile afin de ressentir « les forces émanant de ces lieux à l’intersection entre mythologie païenne et début de la chrétienté. Le premier homo erectus a cru en quelque-chose de plus grand que lui. Le fait de se prétendre totalement athée me semble douteux, très… parisien ! » L’Odysseus d’Arbogast continue, mais il se souvient bien du mitan des années 1990, chantant devant des touristes japonais ou américains sur le parvis de la cathédrale : « Ces gens, venus des quatre coins du monde, étaient interpelés par ma musique, malgré l’immense fossé culturel. » Le miracle eu lieu, l’alchimie persiste.

www.produc-son.fr 
www.lucarbogast.fr

Vox Mundi tour
23/11 
Église Saint-Georges (Marckolsheim)
30/11 
Église protestante de Munster
01/12 
Église protestante de Brumath
08/12
 Église Saint-Martin (Erstein)

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