Thé d’ici

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Thé d’ici

Entre business woman et hippie vêtue d’étoffes exotiques, Arlette Rohmer a créé Les Jardins de Gaïa il y a 25 ans ! Visite d’une entreprise, à Wittisheim, qui travaille des thés bio et équitables, « de la feuille à la tasse ». # Emmanuel Dosda

Thés noirs du Darjeeling ou verts du Fujian, wu long taïwanais, matcha de Kyoto, maté brésilien, rooibos des hauteurs d’Afrique du Sud ou tisanes de plantes issues de coopératives : Les Jardins de Gaïa proposent quelque 600 variétés de produits sélectionnés aux quatre coins du monde et conditionnés à quelques kilomètres de Strasbourg. Alors qu’on déguste des crus issus de Thaïlande, infusés dans une petite théière en terre cuite – « pour sublimer le goût qui y est concentré » nous confie Sarah, maîtresse d’une cérémonie très codifiée –, l’élégante Arlette Rohmer, fondatrice de la maison, se rappelle son enfance. La période bénie où, petite, elle concoctait des mixtures dans le jardin de sa grand-mère : primevère, mélisse, menthe… Plus tard, elle videra son compte en banque, vendra sa 404 Break et se rendra en Grèce et au Maroc, au Bénin ou au Mexique. Éducatrice pour jeunes filles en difficulté à l’époque, elle parcourt la planète en taxi-brousse, en autostop ou à bord de sa 2CV customisée avec Peanuts et symboles Peace & Love. « Easy life », résume Arlette qui se met à vendre des huiles essentielles et autres produits bio lorsqu’elle rencontre un producteur de thé de Ceylan sur un salon. Il deviendra son mentor. Aujourd’hui encore, le thé permet à notre éternelle baroudeuse de voyager et d’aller à la rencontre de personnes et de terroirs, d’encourager la culture biologique. « Il y a vingt ans, on nous prenait pour des allumés », s’amuse celle qui est à la tête d’une société de 75 salariés située dans un recoin de Wittisheim sans âme, mais métamorphosé en havre zen, avec jardins à la japonaise, boutique parfumée et salon de dégustation. En coulisses, des personnes en blouse, charlotte sur la tête, gèrent le stock de feuilles venues d’Inde, du Sri Lanka, de Birmanie, du Laos ou de Corée du Sud. D’autres empaquettent les plantes, les analysent tels des laborantins ou réalisent des mélanges. Il s’agit de cocktails “maison” mêlant thés, arômes naturels (mangue, pêche, vanille…), huiles essentielles (citron, orange, bergamote…), pétales de camomille ou de rose, morceaux de fruits ou légumes lyophilisés, écorces de mandarine ou copeaux de noix de coco. Commerce équitable, agriculture biologique, prédilection pour le transport (300 tonnes de thé chaque année !) par voie maritime, rapport de confiance envers les producteurs payés au juste prix, valorisation de la monoculture : ces termes, en 2019 on ne peut plus d’actualité, sont défendus par Les Jardins de Gaïa depuis ses débuts. « L’économie doit nécessairement être éthique de nos jours », insiste la cheffe d’entreprise militante dans des effluves épicés, parmi des produits aux mille vertus.


Les 25 ans des Jardins de Gaïa

Concert de Tiken Jah Fakoly vendredi 24/05 (20h) et visite festive durant le journée du 25/05 (10h-19h) : portes ouvertes en présence des producteurs de thé & épices, dégustations de thés de printemps, conférences, bars à thé & cocktails, spectacles et foodtrucks

jardinsdegaia.com

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