Les chansons d’amour

© Gilles Vidal

Les chansons d’amour

Agnès Jaoui, star du grand écran, chante des airs almodóvariens en compagnie de Fernando Fizsbein (guitare) et Roberto Hurtado (guitare et chant), au sein d’El Trio de Mis Alores. Entretien avant son concert – enchanté – à La MAC de Bischwiller. # Emmanuel Dosda

D’où vient votre amour de l’art de la fugue ?
J’adore faire des choses différentes, échapper au quotidien, à l’enfermement, ouvrir mes fenêtres !

En France, est-ce mal vu de cumuler les casquettes ?

Faire de la musique, du théâtre et du cinéma est une évidence dans les pays anglo-saxons ! Tout ça est lié : il n’y a pas de différence entre l’interprétation d’un texte de Molière ou de Brassens selon moi. En France, tout est plus segmenté. On oublie par exemple que Gabin vient du music hall !

Êtes-vous parfois victime de cette situation ?
Non, j’ai toujours fait de la musique, de façon privée, avec mon ensemble classique ou mes amis latinos et un jour on m’a naturellement proposé de faire ça en public.

Renais et On connaît la chanson vous ont conduit à ça?
Non, d’ailleurs c’était du play-back ! Par contre, en 2004, j’ai interprété un boléro dans Le Rôle de sa vie de François Favrat : c’est à partir de là qu’on m’a demandé de faire des tournées.

Pourquoi ce répertoire digne des films d’Almodóvar ?
Il a changé mon regard sur l’Espagne, loin des clichés des vacances au bord de la mer avec de la mauvaise paëlla et des castagnettes que l’on ramenait dans nos bagages. Tout à coup, j’ai découvert la richesse infinie de ce pays. Le morceau Lo Dudo de Los Ponchos qui est dans La Loi du désir m’a donné envie de le chanter… et de devenir une héroïne d’Almodóvar. En allant à Cuba il y a vingt ans, je me suis rendue compte que tous ces rythmes m’étaient familiers : ça vient de mes parents, originaires de Tunisie, j’ai été bercée dans mon enfance par la musique arabo-andalouse !

Le Goût des autres est intéressant, mais quels sont vos propres goûts ?
J’écoute beaucoup de classique, avec un petit faible pour le baroque… Mais j’adore aussi le hip-hop de Snoop !

Votre œuvre cinématographique est essentielle- ment composée de comédies. L’activité de chanteuse permet-elle d’exprimer votre mélancolie ?
Peut-être, mais je manifeste également ma passion, amoureuse ! C’est une révolte, un cri…

Qui vient de l’intérieur ?
[rires] En chantant, en espagnol, je peux être extrême dans l’expression de mes sentiments. Je me permets de dire des choses comme « Tu as éclairé mon monde pour l’éteindre totalement quand tu es parti. »


04/11 
La MAC de Bischwiller (projection d’Au Bout du conte d’Agnès Jaoui, le 03/11, en présence de la réalisatrice, au Centre culturel Claude Vigée de Bischwiller)
www.mac-bischwiller.fr

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