Julie Doiron à la rescousse

Julie Doiron à la rescousse

Véritable curiosité architecturale, la tarabiscotée église gothique Saint-Guillaume est « menacée, rongée par une humidité sournoise qui la fragilise » selon le pasteur Christophe Kocher. La chanteuse canadienne Julie Doiron s’y produit en faveur de sa restauration. # Emmanuel Dosda

J’adore Julie Doiron. Sa voix, sa gentillesse, ses mélodies et ses anecdotes sans queue ni tête ponctuées par des « J’sais pas pourquoi j’raconte ça » et des morceaux plus vigoureux qu’à l’accoutumée qu’elle conclut par un « Ça allait ce côté rock, ça vous a plu quand même ? ». La douce chanteuse canadienne qui aime se produire à Strasbourg (on ne s’en lasse pas) est de retour du côté de chez nous pour un concert tout en délicatesse. Ex-bassiste du groupe Eric’s Trip au début des nineties, chanteuse en solo depuis 1996, Doiron se fait connaître du grand public grâce à sa participation aux albums et aux tournées d’Herman Dune, groupe rencontré à Chicago en 1999. Elle interprétera ses ballades folk dépouillées, dans un lieu insolite : l’église Saint-Guillaume. Ses chansonnettes intimistes – en français, anglais ou même en espagnol – prendront des airs de cantiques en ce lieu sacrément « ouvert et humaniste », d’après le pasteur Christophe Kocher.

L’originalité de cette église de l’ordre des Guillemites (qui deviendra protestante au XVIe siècle) consacrée au début du XIVe siècle ? Un drôle de clocher asymétrique du XVIIe qui donna lieu à de mémorables querelles entre charpentiers et ouvriers. Sur plombant le narthex au plan irrégulier – d’où la déformation en question –, celui-ci donne une étrange allure à cet édifice bien connu des Strasbourgeois qui annonce l’entrée du quartier de la Krutenau. La façade biscornue vaut le détour, certes, mais n’hésitez pas à pénétrer dans cette église, ne serait-ce que pour son jubé flamboyant, son orgue construit par le célèbre André Silbermann en 1728 ou ses vitraux du XIVe (on y découvre notamment une belle illustration de la vie du Christ) et XVe siècles qui ont résisté en grande partie aux bombardements de 1870. Cerise sur ce gâteau biscornu : le tombeau des gisants réalisé par le sculpteur Woelflin de Rouffach au XIVe. L’église Saint-Guillaume : entre simplicité des formes et étrangeté de conception.


19/05 (18h30, 30% des recettes est reversée au projet #SauvonsGuilaume en faveur de la réfection de l’église) Église Saint-Guillaume

rosemacadamprod

julie-doiron.com

saint-guillaume.org

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