Je hurle mais tu ne réponds pas

© Baptiste Cogitore

Je hurle mais tu ne réponds pas

Il y a quelques années paraissait dans Courrier International un article titré “Je hurle mais tu ne réponds pas”, racontant l’histoire de femmes qui résistaient à la domination masculine et politique en écrivant et en déclamant de la poésie. Éric Domenicone a décidé de leur rendre hommage avec Je hurle ! # Valérie Dietrich

Nous sommes en 2012, Courrier International publie le récit de Zarmina, afghane de 17 ans qui vit dans une campagne éloignée de la capitale. Comme une centaine d’autres, elle fait partie du Mirman Baheer, cercle littéraire féminin basé à Kaboul se réunissant chaque samedi pour recueillir par téléphone la parole de celles qui ne sont pas en mesure de se déplacer jusqu’à la ville. À l’autre bout du fil, Zarmina partage avec le cercle ses landays (poèmes de deux vers) en cachette de sa famille : en province la poésie est clandestine parce que considérée comme instrument de rébellion des femmes, un “petit serpent venimeux” qui questionne l’ordre établi. Le jour où Rhaila Muska (son nom de plume) est démasquée, elle est battue par ses frères et ses carnets sont détruits. Deux semaines plus tard, la jeune femme met fin à ses jours en s’immolant par le feu.

Troublé par la puissance de cet acte de résistance, Éric Domenicone, metteur en scène, décide d’en faire un spectacle basé sur la vie de Zarmina. Avec Yseult Welschinger, marionnettiste et co-fondatrice de SoupeCie, il ambitionne de faire raisonner en Occident le sourd et courageux combat des Afghanes, et plus largement de rendre hommage à toutes celles dont la parole est muselée, dont le corps est censuré. Le travail de création fut rythmé par des rencontres marquantes. D’abord avec Najiba Sharif, ex vice-ministre de la condition féminine en Afghanistan, ex-députée et ancienne journaliste aujourd’hui réfugiée politique en France, dont le témoignage filmé traverse le spectacle. Puis les membres du Mirman Baheer avec lesquels la compagnie va tisser des liens forts en recueillant leurs textes.

Dépositaire des landays du cercle, Domenicone a construit le spectacle comme une mosaïque composée de leurs poésies, de paroles documentaires, de tableaux marionnettiques, de musiques et de sons, le tout porté sur scène par deux comédiennes marionnettistes et un musicien contrebassiste. Le temps du spectacle la scène devient un champ de bataille et délivre un message de lutte, de non résignation que le metteur en scène souhaite adresser aux adolescent(e)s d’aujourd’hui afin de les appeler à prendre le plein contrôle de leur existence.


21-25/05 (dès 14 ans)

Taps Laiterie (Strasbourg)

taps.strasbourg.eu

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