Fighting spirit

Photo de Vincent Muller pour Spectacles

Fighting spirit

Dans l’équipe depuis 2013, Dimitri Liénard est devenu une figure emblématique du Racing Club de Strasbourg. Rencontre avec un héros du “peuple bleu”. # Hervé Lévy

Souriant, abordable et détendu, Dimitri Liénard est conforme à l’image qu’on a de lui : « Je suis un des trois rescapés de l’épopée qui a mené le Racing du National à la Ligue Europa avec Jérémy Grimm et Abdallah Ndour », s’amuse le Belfortain qui a conquis le cœur de la Meinau avec un pied gauche magique et des buts d’anthologie. On en citera deux, parmi les plus décisifs : un coup franc iconique contre l’Olympique lyonnais à l’ultime seconde du temps additionnel assurant le maintien en L1 avant la dernière journée de championnat 2017 / 2018 et une “Panenka” de dingue – étant bien entendu que la folie est proche du génie – en finale de la Coupe de la Ligue 2019, face à Guingamp : « C’était la première de ma carrière, à la fois un hommage à Zidane dont je suis fan et une manière de montrer à ma femme que j’en étais capable, elle qui ne le croyait pas », se marre Maître Dims, comme l’ont surnommé certains spectateurs facétieux.

Entre les supporters et le numéro onze du RCS, l’histoire d’amour se poursuit : « Ils savent d’où je viens, ce que j’ai traversé. D’une certaine manière, je symbolise le lien entre le foot amateur et le monde professionnel. C’est peut-être pour cela que j’ai cette niaque sur le terrain. Je me battrai toujours pour respecter mes valeurs et ce maillot. » Retour en arrière sur une existence qui n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Avant d’arriver à Strasbourg, il y eut notamment cinq saisons à Belfort, dont deux « où j’ai bossé comme tout le monde. Je me levais à cinq heures et demie du matin, partais mettre en rayon dans un supermarché pour m’entraîner le soir. C’est une force supplémentaire d’avoir connu ça. » Et de rajouter : « Le samedi matin, en guise de réveil musculaire, j’allais faire une petite remorque de bois avec mon beau-père… et l’après-midi je jouais au foot. Aujourd’hui je me sens comme un pacha », s’amuse-t-il.

Photo de Vincent Muller pour Spectacles

Tranquille onzième de Ligue 1 au cours de l’exercice 2018 / 2019, le Racing est dans le dur cette année, puisque le club est dernier à l’heure où nous écrivons ces lignes, après un déplacement piteux à Marseille. Le rythme infernal de la Ligue Europa est sans doute en cause : « Nous sommes encore un “petit club” dont l’effectif ne peut pas tourner tous les trois jours. À Francfort, nous avons compris que les joueurs de l’Eintracht évoluaient dans une autre dimension : là-bas, nous étions des enfants qui découvraient l’Europe. Eux (demi- finaliste de la Ligue Europa l’an passé, NDLR), savaient ce qu’ils avaient à faire pour se qualifier. Après, il a fallu se remettre, retrouver du peps dans la tête, du peps dans les jambes. » Lucide, Dimitri Liénard poursuit : « À Strasbourg, pas de Ronaldo, ni de Messi. Alors les seize mecs du groupe doivent tirer dans la même direction et se mettre le cul par terre pour gagner les matches. C’est un combat : de la première à la quatre-vingt-quinzième minute. Si un de nous n’est pas dedans, on peut encore s’en sortir, mais si deux ou trois coulent, c’est fini. » Cet esprit, il en est le garant, ces valeurs il les transmet au vestiaire, journée après journée : « Il faut repartir au boulot, remettre le bleu de chauffe », conclut-il.

Novembre à la Meinau
09/11 RCSA-Nîmes
30/11 RCSA-Lyon

www.rcstrasbourgalsace.fr

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