Dis, quand reviendras-tu ?

Dis, quand reviendras-tu ?

Maria et Olivier, tous deux Français, se rencontrent à Taïwan : leur histoire est belle parce qu’ils sont différents, là-bas, sur L’Autre continent. La maladie d’Olivier va les emmener à un travail de reconquête. Romain Cogitore, jeune réalisateur alsacien, signe un deuxième film juste et bouleversant. # Manon Charbonnier

Olivier, joué par Paul Hamy, est un type d’homme que l’on voit peu au cinéma, d’une grande subtilité…

J’ai construit le personnage en opposition avec celui de Maria, qui est né d’une vraie rencontre. Un jour, dans le train, je me suis assis en face d’une très belle femme. Je suis tombée amoureux d’elle et plus tard, elle m’a confié son histoire d’amour passée, contrariée par la maladie : ça m’a d’abord écrasé, puis j’ai décidé de la raconter. Pour le garçon, que je ne connais pas, j’ai forcément ajouté davantage de fiction : je voulais une grande présence physique et en même temps une vraie douceur.

Comment s’est fait le choix des acteurs ?

Nous avons contacté Déborah François très tôt et, dès 2013, elle a accepté de jouer Maria. Pour Olivier, il fallait un acteur supposé savoir parler 14 langues. Nous avons vu plus de 120 comédiens… L’autre challenge était de jouer quelqu’un atteint d’un trouble, qui n’est plus vraiment avec nous mais à qui l’on reste attaché. Paul Hamy arrive à faire quelque chose de très fort. C’est un géant, très beau, qui rentre dans les canons de la virilité, mais qui est lunaire. J’étais très intéressé par ce balancier entre force et fragilité.

Pourquoi ce choix de lieux : Taïwan et Strasbourg ?

Le film s’ouvre comme une comédie romantique, très colorée, joyeuse, presque un conte de fée : à Taïwan, ils sont sur une île, coupés du monde, dans un décor très exotique pour nous, Français. Cinématographiquement parlant, vous avez la forêt, la montagne, la mégalopole et l’océan en un seul regard. Strasbourg, c’était la volonté de tourner chez moi, avec les facilités qui vont avec. La Région a soutenu le film, ce qui m’a permis de travailler avec des techniciens et acteurs locaux.

Certaines images sont déformées, comment avez-vous travaillé ces effets ?

J’ai détourné un objectif utilisé d’habitude en architecture pour filmer des bâtiments immenses sans les modifier, pour créer de la distorsion. Je souhaitais créer des espaces perturbés, des images mentales pour rendre de façon visuelle la question de la perte de la mémoire.

Le titre du film évoque une autre rive, celle où Olivier échoue lorsqu’il tombe dans le coma et devient un étranger pour sa bien aimée…

On a mis du temps à trouver ce titre. Pour le générique de fin, j’ai écrit une chanson traduite en mandarin, c’est Maria qui s’adresse à Paul et qui lui dit : « Tu es cet autre continent. »


Aux cinémas Star (sortie le 05/06)

cinema-star.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.