Casanova in love

Casanova in love

Dans Dernier amour, Benoît Jacquot met délicatement en scène un Casanova follement épris d’une cocotte. Rencontre avec le réalisateur lors de sa venue aux Cinémas Star. # Hervé Lévy

« Au départ, je voulais traiter un autre épisode de la vie de Casanova, celui où il dépouille, en s’amusant beaucoup, la marquise d’Urfé. On pense à la relation entre François-Marie Banier et Liliane Bettencourt », s’amuse Benoît Jacquot avant de préciser que c’est son complice Vincent Lindon, séducteur quadra (dans le film) plus vrai que nature, qui l’a poussé à s’intéresser à celle qui fut l’unique amour de Casanova. Courtisane, cocotte et demi-mondaine, la Charpillon, incarnée par Stacy Martin (découverte, décomplexée dans Nymphomaniac de Lars von Trier, elle l’est toujours) « est plus putain que sa mère » écrivit l’immense Giacomo. Reste que c’est bien de cette femme qui « appartient à qui la veut » qu’il tombe éperdument amoureux, entrant dans un jeu de séduction qui l’entraîne de déceptions en dérobades. « Elle ne cède pas. Jamais. Elle s’excepte pour lui qui a beaucoup de mal à le comprendre. Elle l’aime profondément, à sa manière » explique le réalisateur des Adieux à la Reine.

Malgré une histoire cinématographique dense (avec notamment les deux films signés Fellini et Comencini), Benoît Jacquot n’a pas hésité à se frotter à un personnage qui « est comme un ami. Il est à l’opposé de Don Juan, ce grand seigneur méchant homme. À mon avis, Fellini ne l’aimait pas, le voyant uniquement comme une machine fornicatrice alors qu’il est un être charmant et séduisant. » Sur des musiques aux tonalités baroques composées par Bruno Coulais, dans une lumière intime – « celle d’un monde d’avant l’électricité » – se déploie l’histoire du plus grand amour de Casanova. Sa seule passion, peut-être… Exilé à Londres, il oublie toutes les autres femmes pour la Charpillon qui le fait tourner en bourrique, sans se livrer : « Elle veut qu’il le considère différemment de ce qu’elle est, le transformant en “fiancé idéal”. Cela ne l’amuse guère, mais il se soumet. Le film retrace d’une certaine manière la défaite du masculin, explorant cette vulnérabilité, cette fragilité qui amène à penser sa propre finitude. Avec elle, Casanova découvre tout d’un coup qu’il est mortel », résume le cinéaste.

Photo de Benoit Linder pour Mix


À l’affiche aux cinémas Star et à l’UGC Ciné-cité (Strasbourg)

cinema-star.comugc.fr

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