Bêtes de scène

Photo de Sophie Dupressoir pour Spectacles

Bêtes de scène

Nouveau lieu de diffusion dans le paysage culturel, La Scène de Strasbourg affiche comme première ambition de faire rire ses spectateurs. Aux commandes Musah Recepovic, dont l’histoire familiale est étroitement liée au théâtre de boulevard. # Valérie Dietrich

À seulement 35 ans Musah Recepovic a eu quatre nationalités, vécu dans trois pays et a fait le tour des différents métiers attenants à la production de spectacle. Et pour cause, il est le neveu des frères Vardar auteurs de la pièce Le Clan des divorcés qui comptabilise plus de 3,5 millions de spectateurs à ce jour. Un véritable succès populaire qui leur a permis d’ouvrir quatre théâtres à Paris, dont le légendaire Palace.

Un enfant de la balle donc, qui a une histoire peu commune puisqu’il est né en Yougoslavie où il a vécu ses premières années entouré de son frère et de ses parents. Lorsqu’à 2 ans son père décède brutalement sa mère décide de rejoindre la famille en Belgique où ils tiennent un commerce de fruits et légumes. Mais la nationalité yougoslave ne leur permet pas de circuler librement si bien qu’un oncle les récupère et passe les frontières en les dissimilant sous des cagettes de fruits. Musah Recepovic a alors 4 ans et une vie de clandestinité démarre jusqu’à l’obtention de la nationalité belge, quelque 10 années plus tard. Durant cette période teintée de craintes, il observe ses proches travailler dur pour développer un premier café-théâtre à Bruxelles et apprend la persévérance et la détermination.

En 2005 la famille Vardar part à conquête de Paris. Ils créent le théâtre La Grande Comédie dans le neuvième et Musah Recepovic, alors âgé de 17 ans, prend progressivement sa place dans l’affaire familiale qui ne cessera de s’étendre. Aujourd’hui, c’est en terres alsaciennes qu’il représente les siens, à la Meinau, dans l’ancienne usine de pâtes Bec d’Or. La salle, d’une jauge de 500 places, accueille des spectateurs ravis de découvrir du vrai théâtre de boulevard, avec des portes qui claquent et de beaux décors. 
Quant à la programmation de la saison à venir Musah Recepovic annonce la couleur : il y aura toutes les pièces jouées dans leurs théâtres parisiens, mais aussi des scènes ouvertes d’impro et des partenariats théâtre, concert ou danse qu’il espère nombreux, mais avant tout pérennes. « Avec La Scène on a un diamant brut dans la main qu’on va essayer de tailler en collaboration avec le tissu culturel local qui est d’une richesse incroyable. »


1 rue la Fayette à la Meinau
www.happycomedie.com

Prochainement à l’affiche : Antonia de Rendinger (17/10), Matière à Rire (08/11), Booder (29/02/20), Le Dîner de cons (07-08/03/20)…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.