Un tramway nommé culture

© Welcome Byzance / CTS

Un tramway nommé culture

Place de la gare strasbourgeoise. Arrêt du tram ligne c (« comme culture », crache une voix robotique dans les enceintes accrochées au plafond). Il fait très chaud, ce samedi 15 septembre, 14h31, dans le véhicule customisé par le collectif new- yorkais de street art faile. le tramway démarre et trois chanteuses claquant des doigts glissent du swing à travers les wagons, laissant les passagers ébahis. Certains se mettent à taper du pied sur les « Whoa-oh, whoa-oh, lollipop » des craquantes cracked cookies, battant le rythme jusqu’à la station république. Le beat- maker nommé Gstn prend la relève, un peu plus loin, balançant des beats sur de subtiles mélopées qui interrogent et charment les usagers. Arrêt churchill. Arrêt reuss. Le ballet de poussettes, sacs chargés de courses et personnes entrant et sortant se poursuit. Trois comédiens contant les histoires de Villes invisibles d’Italo Calvino (Pirra, Euphrasie, Gétullie…) laissent place à un trio vocal qui entonne des airs de Carmen tout en évoluant maladroitement à travers les rangées de sièges. Bandanas roses dans les cheveux foncés, trois jeunes filles, qui n’ont sans doute jamais eu la chance de pousser la porte de l’Opéra national du Rhin,
pouffent de rire, se moquent un peu, se vannent, puis se ravisent, séduites par la puissante voix du baryton-basse Jean-Christophe Fillol qui leur jette un sourire complice. « Je trouve ça génial de pouvoir assister à un tel spectacle dans le Tram », glisse l’une d’elle, finalement heureuse de profiter de ces happenings surprises orchestrés par la CTS avec les structures culturelles se trouvant sur la ligne : Graffalgar, Opéra,TNS, Shadok et Espace Django. Il ne s’agit que de quelques impromptus, mais les passagers / spectateurs sont conquis. Parions même que la jeune fille au bandana se rendra dans l’un ou l’autre lieu, alléchée par la générosité de ce teasing ambulant. Quand les acteurs culturels sortent de leur tour d’ivoire et se fédèrent, l’alchimie prend et la culture gagne du terrain ! Terminus, tout le monde descend ? espérons que non : le spectacle vivant fait des émules lorsqu’il troque ses murs pour les rames.
Emmanuel Dosda

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