L’HOME IDÉAL: L’ODYSSÉE DE L’ESPACE

Photos de Sarah Dinckel / Studio Vingt Septembre

L’HOME IDÉAL: L’ODYSSÉE DE L’ESPACE

Lionel Debs, à la tête de l’agence d’architecture strasbourgeoise LDA, vit dans un vaste espace rythmé par des monolithes noirs, comme dans 2001 de Kubrick. Nous avons eu le courage de pousser la porte de cet archi bricoleur. # Emmanuel Dosda

Une architecture simple, même si les volumes intérieurs sont complexes, inspirée du maître Mies van der Rohe. Lionel Debs, boss d’une agence de cinq personnes depuis 2012, a notamment réalisé l’école élémentaire Aristide Briand de Benfeld : restructuration d’une bâtisse existante et création d’une extension avec nouvelles classes, accueil et salle polyvalente lumineuse. Béton et bois dedans, aluminium laqué noir et brique sablée dehors. À la rigueur de la construction répond une liberté formelle. Celle de l’escalier principal, véritable sculpture monumentale de béton, en rupture avec l’ensemble d’un programme remarqué par la revue AMC qui a classé l’école parmi les 100 plus belles réalisations architecturales françaises de 2017. Le recours à la couleur ? Inutile lorsqu’on utilise différents matériaux, chaleureux ou lumineux. Lionel aime créer des espaces « généreux » et « fluides », ouverts sur le paysage ou la ville, ne tournant jamais le dos au contexte, comme son héros van der Rohe.

Photos de Sarah Dinckel / Studio Vingt Septembre

Simplicité, fluidité, clarté : situé à quelques pas de la gare, l’appartement qu’il partage avec sa compagne, Caroline Ziajka, architecte elle aussi, est « serein et doux, inspirant le bien-être ». Parquet protégé par quelques tapis orientaux, murs immaculés, grandes fenêtres… Le couple installé depuis deux ans n’a pas touché à grand-chose. Même la cloison que Lionel songeait abattre a été épargnée, car « elle reflète l’intelligence de l’époque où a été construit l’immeuble : les années 1930. » Dans chaque pièce, il a conçu du mobilier à partir de panneau de Valchromat, médium teinté en noir dans la masse : des meubles de rangement sur-mesure, des monolithes kubrickiens apportant une touche d’étrange modernité. Enfilades, équipement de cuisine et de salle de bain, dressing… Lionel a même récupéré une chute de ce matériau massif, pour concevoir une table, sombre, posée sur des tréteaux. Rien ne se perd pour ce spécialiste en développement durable et qualité environnementale. Au dessus, un simple néon accroché au plafond permet au couple d’utiliser cette pièce comme une salle à manger, puis, « en poussant les assiettes », de s’en servir de bureau de travail. Qu’il s’agisse de réflexions autour de nouvelles bâtisses à sortir de terre ou d’événements à organiser dans le cadre de leur “laboratoire de recherche dans le domaine des arts et de l’architecture”, Dom-Ino (en référence au Corbu), ça phosphore beaucoup en cette demeure.

Les maîtres de maison évoquent une « essence de design » à propos de leur intérieur… même si on remarque quelques pièces comme un tabouret tout en rondeurs du Brésilien Sergio Rodrigues ou une élégante lampe potence signée Jean Prouvé au look indus (éditée par Vitra) que l’on oriente en fonction de ses activités : lecture en solo ou apéro entre potos.

Lionel Debs, enseignant à l’École Nationale supérieure d’Architecture de Strasbourg, fit notamment partie de la prestigieuse équipe de l’Office for Metropolitan Architecture de Rem Koolhaas à Rotterdam, a énormément voyagé : Rio, New York, Tokyo… Il a même accompagné le développement d’une agence, durant deux ans, en Chine. Lors de ses nombreux périples architecturaux, Lionel a constitué une petite collection de bols – japonais, brésiliens… – aux beaux effets dripping.


LDA

17 rue de rosheim (strasbourg)
lda.archi

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