LÉOPOLDINE MOUILLE LE MAILLOT

© Calypso Baquey

LÉOPOLDINE MOUILLE LE MAILLOT

Avec ses grands yeux, bleus comme le ciel alsacien se reflétant dans le Rhin, Léopoldine HH, finaliste de la Nouvelle Star en 2014, ouvre les portes de son petit cabaret secret pour nous dévoiler tout ce qui l’anime. Rencontre avec une Strasbourgeoise polyglotte, auteure de chansons lettrées et déjantées. # Emmanuel Dosda

“Une éternelle enfant qui lit du Brecht en se goinfrant de bonbons Haribo.” Nous proposons cette définition maison à la jeune femme qui acquiesce, trouvant le pitch à son goût : « Ça m’amuse de mêler des éléments très enfantins et des références à des textes littéraires, de convoquer des pensées philosophiques tout en mangeant des crocodiles en gélatine ! » Léopoldine mixe les mots d’Olivier Cadiot et le son de la boîte à meuh, tresses blondes façon Heidi et chapitres de Gwenaëlle Aubry, mini-harpe et Hans Arp, références dada et fraises Tagada. Ses paroles, prenant parfois la forme de cadavres exquis, sont empruntées aux ouvrages des auteurs évoqués ci-dessus ou encore de Roland Topor ou de Gildas Milin. « Je n’envisage pas, pour le moment, de parler de moi autrement que par le prisme de textes d’écrivains ou poètes qui expriment mon intimité mieux que je ne saurais le faire. » Cette idée est résumée dans Blumen im Topf : « Ne me demande pas ce que j’ai dans la tête. Si tu ouvres un bouquin, tu me trouveras page 7 », chante Léopoldine sur un premier album (Prix Moustaki 2017). Un disque où le spleen submergeant et la violente ivresse virevoltent sur une musique balkanique et cabaristique. Fille de Jean-Marie Hummel et de Liselotte Hamm (tous deux du groupe folk la Manivelle), elle baigne dans la musique depuis son plus jeune âge, évoluant dans un quotidien de comédie musicale, entre notes d’accordéon et répliques en chansons. Grandir dans un environnement ayant la semblance d’un film de Jacques Demy laisse d’indélébiles traces qu’on ne cherche pas forcément à effacer… En compagnie de sa « bande », Maxime Kerzanet et Charly Marty, musiciens et comédiens, elle monte des concerts théâtraux dingos et multilingues (français, allemand, anglais et alsacien) dans lesquels le trio se retrouve toujours, à un moment ou un autre, en maillot de bain. L’idée de se mettre en tenue d’Adam et Éve sur scène lui est venue lors d’un concert de Le Sport, au Molodoï, improbable duo où Junkie Brewster, chanteuse / danseuse de claquettes / ukulélé-girl, se produisait en tenue de Miss monde. Cette (quasi) mise à nue de Léopoldine HH met parfois le public en émoi… voire dans tous ses états, notamment lors d’un mémorable live à la Fête de l’Huma’ durant lequel les spectateurs – garçons & filles – finirent à moitié à poil. Tomber la chemise et danser comme des dératés sur des chansons traitant du “Moi multiple” vu par le philosophe grec Plotin : il faut avoir une sacrée dextérité pour parvenir à de telles scènes de liesse.


06/04
Salle du Cercle (Bischheim)

salleducercle.ville-bischheim.fr


On voudrait revivre d’après Gérard Manset : résidence à l’Agence Culturelle d’Alsace (Sélestat, 15-17/05) et présentation le 17/05 (14h)


culture-alsace.org
leopoldinehh.com

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