L’Alsace (re)dessinée

Dessin de Yannick Lefrançois pour Mix

L’Alsace (re)dessinée

Une succession de 80 dessins drolatiques sur l’Alsace et le Grand Est : tel est À Plat Geiss !, recueil signé du prolixe Yannick Lefrançois qui œuvre notamment dans les colonnes des DNA. # Hervé Lévy

Son maître se nomme Claude Lapointe, fondateur de l’atelier d’illustration des Arts décoratifs de Strasbourg, où Yannick Lefrançois étudie de 1989 à 1994 : c’est pendant son cursus que les Dernières nouvelles d’Alsace s’adressent à l’École pour trouver un illustrateur et remplacer André Wenger, tout juste disparu. Ils seront huit sur la ligne de départ. Yannick est toujours là, dessinateur de presse (mais bien des choses encore, puisque ses illustrations jeunesse font fureur) : « J’avais 22 ans, la politique était une terra incognita pour moi. J’en avais un vision très schématique », confie- t-il. Il observe, scrute les visages et les institutions, construit son style : « Un dessin de presse ne doit pas être verbeux. Il n’est pas là non plus pour véhiculer des idées politiques. Tout le contraire de ceux de Jacques Faizant, en somme ! », se marre Yannick dont les modèles sont plutôt à chercher du côté de Cabu – « Il était virtuose et avait le chic pour trouver les traits dominants d’un visage » – ou Pétillon. Aux DNA, son dessin sur la page des chuchotements est attendu chaque semaine : un trait très ligne claire pour des coups de griffe bien placés, pourrait-on résumer. S’y ébattent des personnages comme Roland Ries (« J’adore le dessiner, il est en roue libre, tout à fait zen »), Alain Fontanel (« Pas facile à faire. Il est trop lisse, pas encore assez buriné par la politique ») ou Robert Grossmann (« Dommage qu’il ne soit plus là, c’était un super client »). Étant bien entendu que chaque personnalité espère y être : « Parlez de moi en bien ou parlez de moi en mal, mais surtout parlez de moi : tel semble être leur credo », résume Yannick, lucide. On (re)découvre l’efficacité et le mordant de son trait dans ce recueil de dessins parus entre 2013 et 2018 narrant mieux qu’un livre d’histoire l’épopée de la réforme territoriale : « Je ne suis pas alsacien, donc je suis tranquille », glisse-t-il dans un sourire.

Paru à la Nuée bleue (12 €)
nueebleue.com

yannick-lefrancois.com

Rencontre avec Yannick Lefrançois à la librairie Kléber (Strasbourg), 05/10 (17h30)

librairie-kleber.com

Il va aussi publier un Kamishibaï aux éditions Callicéphale
callicephale.fr

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