ESCAPADE : VENISE, VERSANT CONTEMPORAIN

© Palazzo Grassi, ph: ORCH orsenigo chemollo

ESCAPADE : VENISE, VERSANT CONTEMPORAIN

À Venise, les deux espaces d’exposition de François Pinault accueillent deux expositions majeures : Dancing with myself est un ego trip collectif de haute volée, tandis que Cows by the Water explore l’univers d’Albert Oehlen. Visite. # Hervé Lévy

Chanson phare de Generation X, groupe punk fondé par Billy Idol, Dancing with myself (1981) est un titre allant comme un gant à une exposition collective explorant la place de l’artiste comme acteur et matériau de sa propre création. Dans les espaces du XVIIe siècle revus par Tadao Andō, face à la place Saint-Marc, se déploient 140 œuvres d’une trentaine de plasticiens ordonnancées en quatre grandes thématiques (Mélancolie, Jeux d’identité, Autobiographies politiques, Matière première). Si certaines pièces sont attendues – une salle entière est consacrée aux photographies de Cindy Sherman dont est proposé un significatif panorama, une autre à Gilbert & George avec le spectaculaire Blood Tears Spunk Piss – d’autres surprennent. Une douzaine de clichés de Marcel Bascoulard s’alignent ainsi permettant de mieux connaître ce clochard céleste – figure emblématique de la ville de Bourges – à la personnalité excentrique qui se photographiait, grimé en femme, dans des compositions d’une puissante poésie.

Cindy Sherman, Untitled #578, 2016, Pinault Collection Courtesy of the artist and Metro Pictures, New York

Autre instant d’un grand lyrisme We de Maurizio Cattelan, double gisant ironique prenant les traits de son auteur, est installé au bout de l’édifice avec vue imprenable sur la lagune. Quelques pas – et un périlleux traghetto – plus loin et nous voilà dans le white cube néoclassique du Palazzo Grassi qui abrite 85 œuvres – le plus souvent monumentales – d’Albert Oehlen (né en 1954). L’exposition explore les expérimentations menées depuis les années 1980 par cet élève de Polke « dans lesquelles il démontre que l’élaboration et la réalisation d’un tableau lui importent davantage que le sujet-même de l’œuvre », résume la commissaire de l’exposition Caroline Bourgeois. Insaisissable, le peintre allemand transporte le visiteur dans ses univers complexes, de pure abstraction post-De Kooning en génial autoportrait, de collages pop évoquant le plus cheap de la société de consommation, en computer paintings où il joue avec les images pixélisées et la tradition de la peinture. Sans oublier des peintures grises où il rend un hommage appuyé et amusé à Gerhard Richter ou des compositions réalisées avec les doigts. Oehlen ne cesse d’aller aux imites de le peinture pour les transcender, donnant un intéressant état des possibles d’un médium aujourd’hui à nouveau en grâce.

Oehlen_OhneTitel_2011
Albert Oehlen
Ohne Titel, 2011
oil, paper on canvas, 270 x 310 cm
Private collection © Albert Oehlen
Ph: Lothar Schnepf

Jusqu’au 16/12, Punta della Dogana (Dancing with myself)
Jusqu’au 06/01/2019, Palazzo Grassi (Albert oehlen)
palazzograssi.it

 

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