L’ÉTÉ EN FÊTE :  LE GRAND MÉCHANT WOLFI

L’ÉTÉ EN FÊTE : LE GRAND MÉCHANT WOLFI

Qui l’eut cru ? Wolfisheim s’écrit dorénavant en gros sur la carte jazz et invite des pointures internationales comme Rhoda Scott, Dhafer Youssef ou… Keziah Jones. Pourquoi ce dernier ? Réponse de Nicolas Folmer, trompettiste / programmateur de Wolfi Jazz. # Emmanuel Dosda

Keziah Jones (30/06), c’est du jazz selon vous ?

Le jazz est un style centenaire dont on fait un peu ce qu’on veut : il n’appartient à personne. Alors, est-ce que Jones, c’est du jazz ? Je n’en sais rien, mais il a sa place ici car il fait une musique cousine et permet de nous ouvrir sur d’autres publics.

La définition est brouillée, aujourd’hui…

Cette musique rassemble des artistes qui vont dans l’improvisation. C’est important pour moi, car aujourd’hui, plus personne n’improvise dans la vie de tous les jours. L’impro est rare dans notre société organisée, où tout est traçable et sous le joug de l’autocensure. Nous montrons au public que la liberté existe grâce à des invités qui proposent des événements éphémères, uniques !

Calypso Rose © Aldo Parede

Dhafer Youssef (01/07) est un homme libre qui nous convie à un voyage oriental dans les murs du Fort Kléber… 

J’ai participé à un colloque sur les BO durant le festival de Cannes et vois bien que les choses changent, qu’il y a un réel engouement pour l’Afrique ou l’Amérique du Sud ! Le monde n’est plus polarisé sur les États-Unis ! Partout sur la planète, des courants émergent et se répandent.

Rhoda Scott, figure américaine de l’orgue Hammond, et la trinidadienne Calypso Rose (29/06),  toutes deux près de 80 ans, permet de montrer une filiation dans le jazz ?

Oui, les générations se croisent et nous convions deux grandes dames, le même jour qu’Andrea Caparros, jeune artiste, née d’une mère brésilienne, ayant très tôt baigné dans la samba et la bossa-nova. Durant le festival, nous invitons bien d’autres artistes “à découvrir”, souvent issus de la scène locale comme OZMA : Strasbourg est une pépinière.

 En tant que musicien, vous vous produisez également durant le festival (02/07)… 

Le festival s’est bâti sur une confiance commune avec la Mairie qui m’a proposé de me produire à Wolfisheim tous les deux ans, lorsque je sors un disque. Je viens d’ailleurs de publier The Horny Tonky Experience, influencé par le rock ou le funk. Sur scène, nous serons extrêmement libres alors que l’album est très travaillé, très produit. Le disque, électrique, est une réflexion sur le temps élastique : il existe en deux formats, une version courte et une version longue.

 

28/06-02/07

Fort Kléber (Wolfisheim)

wolfijazz.com

Photo en tête: Nicolas Folmer © Inlay

 

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