Dossier Vintage : X-Filles

Dossier Vintage : X-Filles

L’effeuilleuse Coco Das Vegas, meneuse de la revue Pin-Up d’Alsace, présente la 4e édition de son événement rock, coquin et rétro Elsass Rock & Jive Festival. Entretien glam avec la Dita von Teese schilikoise au look fifties, sur un air de rockab’. # Emmanuel Dosda

Comment dois-je m’y prendre pour devenir “effeuilleur” ?

On dit boylesque ! L’idéal est de prendre des leçons… ce qui est assez délicat à Strasbourg vu que les cours sont destinés à un public féminin. Il faut regarder des vidéos sur ce qui se fait aux États-Unis et beaucoup s’entraîner : il n’y a pas de secret !

Vous avez pris des cours ?

Oui, avec Luna Moka* mais j’avais certaines facilités car j’ai beaucoup fait de danse moderne et ai été prof de fitness. Ça m’a aidée, notamment en ce qui concerne le placement corporel dans l’espace. Il m’a cependant fallu apprendre les bases de l’effeuillage : comment enlever ses vêtements en étant glamour, sans jamais basculer du côté vulgaire !

Cette vocation vous vient de votre fascination pour le Crazy Horse ?

Petite, je rêvais d’être danseuse dans ce genre de cabaret, le Crazy Horse ou le Moulin Rouge… Je n’ai ni le corps, ni la souplesse d’une danseuse classique, alors le burlesque, avec l’aspect dénudé séduisant, a été un “palliatif”.

 Tournée de Mathieu Amalric a déjà sept ans et vous êtes toujours présentes. Le burlesque ne s’est pas essoufflé… 

Pourvu que ça dure ! Nous faisons tout pour nous renouveler sans cesse et éviter la lassitude du public. L’an passé, nous avons beaucoup travaillé avec les quatre filles des Pin Up d’Alsace : invention de nouveaux concepts et d’animations, intégration de projections vidéo, investissement dans des décors et du matériel… Les gens continuent à venir non pas parce que c’est la mode du burlesque, mais parce qu’il aiment le show, de la même façon qu’ils vont à Kirrwiller. Sauf que chez nous, c’est moins féérique et bien plus potache [rires] !

Durant les préparatifs du festival, vous êtes obligée de laisser vos tenues légères et vos chorégraphies au vestiaire. Pas trop dur ?

Non, car j’aime organiser, ranger, gérer les plannings ou remplir les contrats. C’est mon côté fourmi ! Pour cette édition, j’ai davantage anticipé afin de pouvoir gérer les galères de dernière minute. Cette année, donc, pas de voyage à Vegas juste avant le festival !

D’où viennent les artistes conviés s’ils ne sont pas Américains ?

J’ai axé le festival sur les femmes. Le rock’n’roll est un milieu très masculin où j’ai d’ailleurs eu du mal à m’imposer. C’est difficile de trouver des filles qui font du rockabilly et c’est en Pologne ou en Belgique que j’en ai trouvé.

Les rockers sont machos ?

Ils sont old modish : ils réparent leur vieille bagnole pendant que leur nana fait à manger avec son tablier autour de la taille et ses bigoudis sur la tête… mais quelque part j’aime bien ça, qu’un homme me tienne la porte ou m’aide à porter les courses.

Pas très moderne…

Non, mais tout n’est pas bon à prendre dans la modernité.

 Votre mec doit être grand, baraqué, tatoué…

Et barbu !

 

24-28/05 Sur la place de la Mairie & au Brassin (Schiltigheim)

F/elsassrockandjive

 

C’est show !

Au programme du Elsass Rock & Jive Festival : shows burlesques, défilés, DJs, tatouages, car show, concours de danse, buvette, stands vintage… et concerts de swing, rockabilly ou rhythm’n’blues. Avec Crystal & Runnin’Wild, très jeune fille « qui envoie du steak sur scène », accompagnée de musiciens « très patriarches avec elle », ou The Bugalettes, très inspirée par les Andrews Sisters et leur hymne Rum and Coca-Cola. Il y aura également Ragtime Wranglers ou MeeLady, chanteuse de r’n’nb ancienne choriste de Diam’s (!), ici en compagnie du Dandy Orchestra. Grande classe !

 3 qualités requises pour une bonne effeuilleuse :

  1. « Avoir de l’imagination pour inventer des numéros qui n’existent pas. »
  2. « Avoir de la classe et du glamour pour ne pas tomber dans la vulgarité. »
  3. « Aimer les gens, car il y a beaucoup d’échanges avec le public. C’est très participatif, un jeu s’instaure. D’ailleurs, avant chaque show, on fixe les règles : ce qu’il faut et ce qu’il ne faut pas faire. »

* École d’effeuillage (mais aussi hula hoop, charleston…) de Luna Moka, La Clandestine, 33 rue du Maréchal Lefebvre à Strasbourg www.lunamokaschool.com

www.lunamoka.com

Photos © Philippe Venet

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