Sur le divan – Interview avec Christophe Feltz

Sur le divan – Interview avec Christophe Feltz

Alors que sa compagnie, le Théâtre Lumière, fête ses 25 ans, Christophe Feltz a pris la plume pour Mon Psy, c’est quelqu’un. Le comédien, metteur en scène et désormais auteur propose la « rencontre entre deux mondes, le théâtre et l’inconscient ». # Hervé Lévy

Pourquoi avoir eu envie d’écrire un “seul en scène” pour la 30e création du Théâtre lumière ?
Je suis un acteur à textes. Mon maître est André Pomarat. J’aime les mots, j’aime la poésie, j’aime la transmission du verbe. Jean-Louis Kircher, directeur de L’Illiade, avec qui je travaille depuis vingt ans m’a donné envie de passer à l’écriture. Le sujet s’est rapidement imposé : je vais voir un psy depuis mes débuts, une manière de savoir qui je suis, car je n’ai pas envie que mon art devienne thérapeutique… Je n’avais qu’à puiser dans la matière de mes souvenirs.

Vous allez toujours chez le même ?
Non ! J’ai tout fait, je suis un expert [rires] ! Freudien, lacanien, jungien… Comme mon grand frère a choisi d’être médecin, j’ai choisi d’être malade [rires].

Le titre du spectacle fait référence à un célèbre sketch de Raymond Devos, Mon Chien, c’est quelqu’un…
Il parle de l’histoire d’un chien qui se prend pour un humain et pense que son maître est un chien, mais qu’il ne le sait pas. Chacun trouvera les passerelles qu’il désire avec les psys [rires].

Votre écriture est-elle inspirée de celle de Devos ?
Il faut rester humble : je ne suis pas écrivain, mais un comédien qui écrit. Cela dit, mon travail théâtral est à la confluence des univers de Devos, Desproges, Vian, Prévert, Tardieu ou Topor. Je les ai en moi. De manière inconsciente, il est évident que leurs mondes littéraires côtoient le mien, celui de Pierre Desproges tout particulièrement. J’adore le côté extrêmement ciselé de cet orfèvre des mots, ses chutes surprenantes. J’espère m’en être approché.

Quel est le fil rouge du spectacle ?
C’est une fiction décrivant un cheminement psychanalytique accompagnant un cheminement théâtral. Pour avoir une grande liberté dans l’interprétation des personnages, le comédien doit être au clair avec lui-même. La psychanalyse permet un tel parcours, que je narre avec humour.

Comment se déroule se parcours ?
Il débute avec une vidéo mettant en scène un type inquiétant, au visage flouté. C’est mon psy qui apparait comme dans un film d’horreur. Je joue sur le cliché du “thérapeute gourou” qui peut faire peur à beaucoup. Son visage est projeté sur une inquiétante musique. Dans tout le spectacle, la bande-son écrite par mes deux complices, Francesco Rees et Grégory Ott, est essentielle.

Dans le décor, on trouve des références à l’Afrique et à l’Asie…
J’ai représenté un psy qui aime voyager, fasciné par ces deux continents. La psychanalyse, c’est un peu de la magie noire, non ?

09-12/03
L’Illiade (Illkirch-Graffenstaden)
www.illiade.com
www.theatre-lumiere.com

Retrouvez Christophe Feltz dans On n’arrête pas la connerie d’après Jean Yanne, 29/03 (20h) au Café Brant (Strasbourg)
www.cafe-brant.fr

Photo de Benoît Linder pour Mix

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